Dans la foulée de ce que j'avais écrit l'an dernier sur la Drôme, le Vercors, la Haute Loire et le Lot, voici un petit récapitulatif des tops et des flops de nos vacances en Ardèche l'été dernier.

Nous avons passé 8 jours complets dans un camping (le Relais des Brisons) à Beaumont. Nous avons choisi ce camping car il regroupait plusieurs critères importants pour nous:

1) être situé dans un parc naturel régional (ici, celui des Monts d'Ardèche, pour être dans la nature);

2) comporter moins de 50 emplacements (ici, 49, pour rester au calme);

3) avoir accès à l'eau (une rivière ici, la Baume, pour pouvoir se baigner sans être obligés de prendre la voiture).

De ce point de vue, le camping était top. Les gérants sont adorables, les sanitaires sont propres et pratiques. Il y a une petite épicerie et un camion à pizza, ainsi qu'un restaurant pas très loin.

On est arrivé le dimanche (jour 1) pour éviter de prendre la route le samedi. On venait de Haute Loire, où on avait passé une semaine chez des amis. Sur le chemin, on a fait une escale au Mont Gerbier de Joncs (prévoir de bonnes chaussures pour l'ascension).

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Jour 2 : Bois de Païolive et Chassezac

Sur les conseils de nos amis de Haute Loire, on a commencé notre découverte de l'Ardèche par le bois de Païolive. Il y a des pierres en forme d'animaux, donc effectivement, c'est sympathique avec des enfants. Surtout, on y est à l'ombre, ce qui est appréciable en plein mois d'août ardèchois.

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Fidèle à notre habitude (prise lors de nos vacances en Haute Loire), on avait le hamac de rando avec nous pour faire dormir notre fils après le repas.

Après la sieste, direction Chassezac (recommandés par ces mêmes amis, merci les copains) qui est un site de baignade naturel vraiment top. Il y a des points d'eau avec de la profondeur, d'autre où il y en a beaucoup moins, des parties au soleil, d'autres à l'ombre, des galets et des pierres un peu plus plates pour étendre sa serviettes sans avoir le dos massacré. Bref, c'est vraiment top.

Jour 3: Largentière et Balazuc

Balazuc faisait partie des villages à visiter selon nos copains, c'est pourquoi on a pris la route pour cette destination. En chemin on s'est arrêté à Largentière (qui était indiquée sur notre carte touristique "cité médiévale"). C'était jour de marché (mardi), ce qui tombait bien puisqu'on avait besoin de s'approvisionner pour notre pique-nique à Balazuc. Alors, le marché de Largentière, comment dire? Est-on tombé le mauvais jour, ou l'a-t-on arpenté du mauvais côté? Je ne sais pas, mais ce marché nous a paru bien triste: il y avait beaucoup de stand de babioles (des poupées fabriquées Dieu sait où, des chiens en peluche qui roulent tout seuls, des savons qui viennent de partout sauf de Marseille, des bonbons, des disques). Un peu de tout en somme, sauf des vrais producteurs régionaux. Donc, petite déception de notre côté concernant le marché de Largentière.

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Balazuc en revanche est très chouette. On a pu pique-niquer sur la plage puis faire la sieste avant de se promener dans les ruelles. C'était sympathique en effet.

Jour 4: Caverne de Pont d'Arc et Grotte Chauvet (the Climax!)

Vous l'avez peut-être remarqué ici, ici, ici ou encore , on est très friands de grottes ornées, d'art pariétal et de sites préhistoriques. C'est pourquoi la motivation principale de notre venue en Ardèche était ... la grotte Chauvet dont les plus anciennes traces sont datées de 35 000 ans. Si vous avez besoin d'un ordre d'idée, Lascaux est datée de 17 000 ans ce qui fait qu'il y a autant de temps entre Lascaux et nous qu'entre Lascaux et Chauvet.

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Photo de la réplique téléchargée depuis le site de la Caverne de Pont d'Arc

Nous avions réservé les places pour la visite dès l'hiver, emprunté des livres à la médiathèque (notamment celui-ci) et surtout, surtout, passé beaucoup de temps à parcourir la grotte virtuellement sur l'excellent site du ministère de la culture (c'est par-là).

C'était la première fois que l'on visitait une réplique (la caverne de Pont d'Arc). La grotte en elle-même est préservée comme un joyau de l'humanité (à très juste titre d'ailleurs).

Par conséquent, je confirme, et c'est peu de le dire, que visiter une réplique, ce n'est pas du tout comme visiter une grotte originale. Il n'y a pas l'émotion que l'on ressent quand on sent qu'il suffit de tendre le bras pour toucher une paroi touchée elle-même par des personnes il y a des milliers d'années, et imaginer que l'on pourrait mettre sa main, dans la main négative de la paroi (même si, on est d'accord, c'est interdit de toucher les parois;).

Hormis ce constat (prévisible), quatre autres petites déceptions sont venues s'ajouter à notre visite du site de Vallon Pont d'Arc:

1) Tout d'abord, la grotte est répliquée à 80% ce qui fait que toutes les marques n'ont pas été reproduites. A titre personnel, j'aurais aimé "voir" les points, les tout premiers, aperçus par Eliette Brunel (la première des spéléologues à avoir vu les peintures) dans le faisceau de sa lampe frontale, ceux qui lui ont tirés ces mots :" ils sont venus".

2) Ensuite, certaines parois sont reproduites mais leur agencement entre elles est motivé par des considérations (sans doute inévitables, mais fort regrettables) d'économie de surface au sol. En clair, on déambule dans la grotte comme à Ikéa. Il y a un sens de visite et les parois se succèdent comme ses succèdent l'univers bureau à l'univers cuisine dans les magasins suédois. On termine par un panneau qui, de fait, se trouve au bout de la grotte (dans l'une des parties les plus reculée), mais à part ça, l'ordre de visite ne traduit pas l'ordre de la découverte ni celui d'un hypothétique ordre chronologique dans les représentations.

3) Dans le même genre, toute la visite se fait dans un parcours avec une hauteur sous plafond pourrait-on dire quasi constante alors que ce n'est pas le cas dans la grotte. A un moment, notre guide nous a signalé que le passage que nous venions de prendre debout devait, dans la grotte, être pris à 4 pattes. Bien sûr, l'accessibilité de tous est totalement légitime, et je m'en réjouis, mais il faut reconnaître, que ne pas reproduire pleinement les volumes (grands ou petits) de la grotte ne contribue pas à donner l'impression d'être dans une grotte.

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Photo de la réplique téléchargée depuis le site de la Caverne de Pont d'Arc

4) enfin, les visites s'enchaînent toutes les 5 ou 10 minutes et gare à celui qui traîne. On a un casque sur les oreilles pour entendre le guide qui, lui, parle dans un micro. Donc, par rapport à ikéa on passe au stade supérieur, on est un peu comme sur un tapis roulant et il ne faut pas traîner. Alors, oui, c'est normal car notre respiration et les éclairages abîment les peintures. Mais le pas pressé des guides me paraît un peu plus facile à accepter dans les vraies grottes que dans les répliques.

Ces remarques appellent un peu de pondération, sur trois points :

5) c'est sûr qu'on arrivait avec des idées déjà assez précises de ce que la grotte originale contient. Pourtant, je ne regrette pas les nombreuses heures passées à errer dans la grotte virtuelle du ministère de la culture. C'est fascinant, même si cela déflore un peu la surprise de la visite de la réplique.

6) vraisemblablement, le fait de proposer une réplique non à l'identique était un choix des constructeurs et pas seulement un choix des financeurs. Ethiquement, il est sans doute bon qu'une réplique de grotte ne soit pas tout à fait comme une vraie grotte. Si tel était bien le but, il est atteint.

7) avec le billet de la journée, on peut revenir le soir pour visiter la grotte à son rythme sans guide, donc, si vous voulez déambuler sans suivre un guide, c'est possible pendant une heure après la fermeture des visites. On ne l'a pas fait pour de sombres histoires d'heure de coucher d'un petit garçon.

Bon, maintenant que j'ai expliqué mes petites déceptions, il faut reconnaître qu'on était tout de même content de notre journée, notamment parce que:

8) le site en lui-même est chouette, on a une belle vue sur la vallée des gorges de l'Ardèche. On peut y manger (il y a un self, comme à la cantine... comme à Ikéa, aussi ;) et c'est quand même agréable d'y passer la journée. La caverne et le musée sont intégrés au paysage de manière assez douce.

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9) le musée de l'Aurignacien (l'aurignacien, c'est la culture des hommes qui ont produit Chauvet) est vraiment bien fait, intéressant et accessible aux enfants;

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10) surtout, des animations sont organisées dans le parc (à l'ombre, ouf!) pour montrer comment faire du feu, manger, chasser, fabriquer des outils il y a 35 000 ans. Et ça c'est vraiment chouette car ces animations sont faites sous nos yeux par des gens comme nous, c'est à dire par des gens comme les Aurignaciens. ça donne un peu à voir comment ces gens vivaient (par -40 degrés l'hiver, et +10 l'été).

A la sortie du site, on est allé voir le site de la vraie grotte. Et c'est plutôt là qu'on a trouvé l'émotion recherchée, cette sensation d'être tout petit petit dans l'histoire humaine.

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Jour 5: day off

Le jeudi, on est resté au camping pour une journée tranquille. On s'est baigné dans la Beaume, et c'était vraiment chouette.

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Jour 6: Vogüé et Labeaume

Le vendredi, on a visité le chateau et le village de Vogüé.

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C'était très sympa, le chateau est privé et accueillait une exposition temporaire. Pour manger, on a trouvé une plage en aval du village, l'eau était délicieuse.

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Après la sieste, on a cherché et trouvé un autre spot pour buller au bord de l'eau. On a terminé la journée dans le magnifique village de Labeaume. Si on avait su à quel point ce village est magnifique et à quel point sa plage est agréable, on serait peut-être venus là plus tôt, directement après Vogüé.

Jour 7: Beaumont

 

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Pour notre dernière journée, on a sorti les chaussures de randonnées et les batons de marche pour faire une rando (9 km) autour de Beaumont dans les monts d'Ardèche. Notre petit garçon a marché presque 6 km sur les 9 du circuit, le reste du temps, on l'avait en sac à dos (Deuter). Un peu d'activité physique au grand air et loin de la foule nous a fait le plus grand bien pour clore notre séjour ardéchois.

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On est reparti le dimanche (jour 8) toujours pour éviter de prendre la route le samedi en faisant une grosse étape pique-nique-sieste-baignade du côté du gua (tout près du camping donc).

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On a dormi à Lyon chez des amis, puis, on est rentrés en Bretagne le lundi 14 août (grave erreur, il y avait énormément de monde sur la route!)

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Pour terminer ce message sur les vacances en Ardèche, je dirais donc:

1) qu'après le Lot l'an dernier, nous avons une nouvelle fois approuvé nos vacances en camping avec un jeune enfant (3 ans): choisir un petit camping avec un point d'eau à l'écart des grands axes est salutaire. Notre tente familiale à deux chambres est vraiment super. On a seulement regretté de n'avoir pris que deux chaises (il faudra s'en souvenir pour cet été).

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2) se baigner dans les rivières est toujours aussi délicieux, visiter des sites préhistoriques, toujours aussi passionnant.

3) je me suis cru maline de prévoir un départ de Lyon un lundi 14 août. Force est de constater qu'à malin, malin et demi, nous n'étions pas seuls sur la route. Le trajet retour a été particulièrement pénible.

4) on a été surpris par la foule dans les vallées du Chassezac et de l'Ardèche. Surtout, on s'est rendu compte (nordistes que nous sommes) qu'on était vraiment au sud, frontalier du Gard pour tout dire! Cela se ressentait : spectacles de vachettes, marchés XXL, beaucoup de monde, des gens qui parlent fort. Tout cela était un peu trop méditerranéen pour nous.

5) C'est pour cela (notamment) que l'été prochain, on s'exile au Canada : camping nature, rando en forêt et baignades en eaux vives mais nordic spirit (pour la préhistoire, en revanche, j'imagine, qu'on repassera) !