Deuxième étape de notre six-day trip: Amritsar

Amritsar est une des villes saintes de la religion Sikh. S'y trouve le temple d'or construit sur un bassin sacré. Le livre saint est conservé à l'intérieur du temple où il est lu presque en permanence.

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Ce que nous avons apprécié à Amritsar, c'est en premier lieu son caractère religieux.

La ville est un lieu de pélerinage. Cela se ressent car s'il est possible aux non-sikh d'entrer dans le temple, les infrastructures sont d'abord prévues pour les pèlerins. D'autre part, on peut déambuler dans les rues sans être assailli par les vendeurs à la sauvette ou les rabatteurs en tout genre. Enfin, on peut faire du shopping "à l'indienne" (et acheter des chemises à capuches, oui madame) sans être pris pour un pigeon. Tout cela contribue au sentiment de respect, de tolérance et de paix qu'on a ressenti dans la ville.

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J'ai dit qu'on n'est pas assailli par les vendeurs, mais par contre, il nous est arrivé de ne plus pouvoir avancer à cause de la foule qui voulait nous prendre en photo. On est resté bloqué dix minutes à l'entrée du temple le temps que les passants qui voulaient une photo posent avec nous. Un homme nous a même donné son adresse pour qu'on lui envoie la photo prise avec lui. Ceci dit, l'ambiance est plutôt joyeuse et amicale, donc, ces arrêts là restent sympatiques.

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Nous avons visité le temple de nuit et de jour. J'ai eu une préférence pour la journée, notamment parce que je trouve que les couleurs des tissus et la lumière du temple ressortent mieux, mais je sais que d'autres membres de la famille ont préféré l'ambiance nocturne.

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Nous avons également été à la frontière indo-pakistanaise pour assister à la relève de la garde du poste frontière.

Tous les jours, plusieurs milliers d'Indiens viennent assister à la cérémonie organisée au moment où on baisse les drapeaux à la frontière. Plusieurs centaines de Pakistanais assistent à une cérémonie symétrique de l'autre côté.

Je m'attendais à une cérémonie militaire avec des manoeuvres milimétrées, une ambiance sollennelle et beaucoup de sérieux (un peu comme la relève de la garde devant le Parlement Grec par exemple).

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En fait, c'est un parfait cirque avec amphithéâtre en plein air, chauffeur de salle, concours de cri, sono à fond les ballons, et chants nationalistes. Les femmes descendent danser devant la frontière sur de la musique bollywood, le public répond aux invitations de l'animateur en hurlant. 

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Le guide parlait d'un show à la Monty Python. C'est pas mal trouvé: les militaires font les gros bras de manière caricaturale, ils jettent leur jambe le plus haut possible pour que leur pied touche la crête de leur chapeau, la foule prend des allures de supporters (dans ma bouche, c'est pas un compliment), et on fait défiler des enfants et les mamies avec le drapeau indien sous le nez des Pakistanais.

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Côté pakistanais, le spectacle est identique (même figures au même moments, volume sonore calé sur le voisin, synchronisation des parades et costumes identiques), mais l'ambiance côté spectateur est un peu différente (hommes et femmes sont séparés et les femmes ne dansent pas).

On est rentré perplèxe. On est content d'avoir vu ça (et d'avoir aperçu le Pakistan), mais en même temps, quand on pense qu'il y a 70 ans, c'était le même pays, un goût amer vient à la gorge.

Seul petit point positif: Inde et Pakistan s'entendent encore suffisamment pour se mettre d'accord sur la mise en scène. On imagine que si l'un des deux pays décide d'arrêter les singeries, la raison d'être du spectacle qui lui fait face tombe immédiatement.

Côté sécurité, comme à Agra, pour accéder au site, il faut montrer pate blanche (poches vides et passeport en règle). Aucun sac à dos n'est toléré. La tension est palpable, mais on ne se sent pas en danger.