Pour ce début d'année (que je vous souhaite excellente par la même occasion), un peu d'exotisme avec deux trois petites choses au sujet de nos vacances en "kenya-tanzanie-zanzibar" (2009).

Ce voyage était notre voyage de noces, et nous avons choisi de partir fin octobre, plusieurs mois après notre mariage. Je ne regrette pas du tout ce choix qui permet de faire durer un peu la magie du mariage. Surtout, faire un pause dans les longs mois d'automne est assez salutaire. Enfin, comme on partait pour le Kenya et la Tanzanie, le mois d'octobre correspondait à la fin de la saison sèche. Voilà pour le temps et le lieu.

Concernant la façon de voyager, on a choisi, une fois n'est pas coutume, de passer par une agence de voyage, celle des G*leries Lafayette (où nous avions déposé notre liste). On a conçu dans les grandes lignes notre voyage avec la personne de l'agence, mais on s'est interdit de regarder le programme en détail pour se garder la surprise. Et très franchement, c'était royal: on ne s'est occupé que des vaccins, tout le reste étant organisé par l'agence. Dans le cadre du voyage de noces, c'est une option que je recommande. Accessoirement, l'agence avait prévenu nos guides et nos hôtels qu'il s'agissait de notre voyage de noces. On a donc eu droit, dans chaque hôtel à des attentions privilégiées: vins et chocolats dans la chambre, lit recouvert de fleurs, ou séjour dans la chambre la mieux placée de l'hôtel.

15761_175852997250_8219088_n

Vue de notre chambre d'hotel à Zanzibar

Ah oui, j'oubliais, on avait choisi d'être seuls avec le guide dans la voiture. Avant de partir, cela m'avait un peu mis mal à l'aise car je trouvais que ça faisait néo-colonial. Au final, c'était vraiment chouette car on était vraiment libres de faire ce qu'on voulait (aujourd'hui, on veut voir des lions, demain, on visitera le village masaaï, etc).

Quant au risque de passer pour un colon, il faut reconnaître que de toutes façons, c'est le cas. Les endroits où nous avons résidés et ceux que nous avons visités nous ont paru comme un grand parc d'attraction pour occidentaux. A l'exception de quelques familles indiennes, nos voisins de chambre ou de 4x4 étaient des couples blancs en voyages de noces. Cela fait évidemment, pas mal réfléchir sur l'état du monde dans lequel on vit. Pendant notre safari, dans les parcs, on a croisé quelques grandes tentes abritant des lits de camp. On a aussi croisé des personnes qui avaient loué elles-mêmes leur 4x4 et voyageaient sans guide. Il doit donc être possible de voyager autrement.

Jour 1-3:

Arrivés à l'aéroport de Naïrobi, notre guide nous attendait. On est sorti de Naïrobi (le dépaysement est certain: une grande route bitumée, et autour, la savane, quelques maisons en taule, des chèvres et des enfants qui jouent, des femmes qui portent du bois ou de l'eau) et on s'est tout de suite dirigé vers le parc d'Amboseli. Avant même d'entrer dans le parc, on peut voir des cadavres de gazelle sur les bords de la route, ça donne le ton. Pour le reste, les photos parlent d'elles-mêmes.

77017068c636febb684f7d5d145fca6c2db8f4389c8708f9839e81da6e5a038b6a37893f

15761_176040732250_1276993_n

Notre hôtel était au pied du Kilimanjaro, et j'avoue que le petit-déj au pied du kili, c'est quand même bien sympa...

15761_176040742250_6656856_n

Le matin du troisième jour on a pris la route pour la Tanzanie. A la frontière, on dit au revoir à notre guide kenyan (Georges) et on a rencontré notre guide tanzanien (Denis)

Jour 3-4:

Une fois la frontière passée, on a filé vers le parc de Taranguire où on a passé deux journées. Denis était bien plus bavard que Georges, donc, c'était chouette de discuter avec lui. Il connaissait plein de choses sur la faune et la flore. Les discussions ne concernaient pas seulement les parcs, on a aussi discuté de religion, de travail et de culture régionale. Là encore, les images sont plus éloquantes que les mots pour décrire Tanranguire (la patrie des éléphants)

15761_176032492250_2713039_n

tnCA8N8KFY

15761_176032507250_8078912_n

06469352f636731fe44ec2ff1e369b3d9c909503def707cddd0d50ed50ee71130bc78760

Jour 4-6:

Le matin du quatrième jour, on a pris la direction du parc de Serengeti. On y a passé 3 jours et c'est, je crois, le plus beau des parcs que nous ayons arpenté. Voici quelques images…

15761_175863882250_6593183_n

tnCAH00DJ0

15761_175863912250_2656950_n

Vue de notre chambre au Serengeti (S*palodge)

Jour 6-8: 

On a quitté le Serengeti pour rejoindre le cratère d'N'Gorongoro.

En chemin, on s'est arrêté dans un village masaaï situé en bordure de la route qui relie les deux parcs. Cédant à l'insistance de notre guide ("c'est dommage de venir en Tanzanie et de ne pas rencontrer les Masaaï" nous répétait-il chaque jour), on a accepté notre devoir de vacances.

82550328264c770b31801cc0e9f1dba9e5a17ba627f0013d9ab50155f09dd9a248d00578

On a donné 50 dollars au chef du village pour entrer. A l'entrée du village, on a été accueillis par des hommes qui ont fait une danse (celle-là même qu'ils font 20 fois par jour à chaque 4x4 qui s'arrête). Une fois dans le village (village qu'il faut se représenter exactement comme dans Ushuaia : une clôture circulaire en branchages, un gros arbre au milieu, des huttes en terre autour), l'odeur vous saisit (c'est une des raisons pour laquelle, je ne regrette finalement pas l'expérience). La base de  l'alimentation des Masaaï, c'est le sang et le lait (le sang est cuit dans le lait). Ils boivent également des infusions à base des plantes qu'ils cueillent. Ces odeurs de cuisine, mêlées à l'odeur des chèvres et des matériaux qui composent les habitations (branchages, bouse et terre) produisent une odeur que je n'ai jamais senti ailleurs: c'est acre et sucré.

Une fois au centre du village (près de l'arbre), les femmes attendent les touristes et commencent une autre danse. Elles ménagent un espace pour les femmes toursites (j'ai donc dû me joindre au groupe et sauter en rythme avec elles). Pendant ce temps là, le touriste (à plus forte raison celui dont l'épouse est en train de danser) doit prendre des photos, c'est le signe qu'il apprécie ce qu'on lui montre. Cela gênait Hei de sortir l'appareil photo, mais sous l'insistance du fils du chef du village qui nous servait de guide, il a cédé, de peur de le vexer si on ne prenait pas de photo.

99FH000025

Après tout cela, on a fait le tour du village avec le guide en passant devant une multitude de bijoux à vendre, puis le guide du village nous a invité dans une hutte, chassant la femme qui l'occupait, est resté discuter avec nous quelques minutes des moeurs et de la religion (polygamie, chasse, statut des hommes guerriers, place des femmes éleveuses, cueillette confiée aux enfants). A la fin, on donne les cahiers et les crayons apportés pour l'occasion et on remonte dans le 4x4.

103FH000029

Que penser de tout cela? La première impression c'est que ce n'est bon pour personne. Danser 20 fois la même chose 365 jours par an devant des touristes, est-ce une bonne chose? Faire le curieux pendant une petite demi-heure dans une communauté dont la culture tend à disparaître, et prendre ces gens en photo après avoir photographié le lion qui chasse et l'hyppopotame qui dort et repartir en 4x4 dans son hotel avec piscine, est-ce une bonne chose?

Les Masaaï sont assujetis à l'impôts sur le bétail, l'école est obligatoire et pour y aller, ils doivent payer les transports scolaires. Ils sont donc, de fait, sortis de l'économie traditionnelle qui était la leur autrefois. Ces dépenses nouvelles impliquent donc de nouvelles recettes et il n'est pas injuste qu'ils profitent de la manne que représente le tourisme. Je continue toutefois de penser qu'il doit pouvoir exister une manière de découvrir l'autre un peu moins intrusive que celle que nous avons vécue.

Après cela, toujours en chemin vers N'Gorongoro, on s'est arrêté aux gorges d'Olduvai, l'un des sites préhistoriques où a été découvert l'homo-habilis par Louis et Mary Leakey dans les années 1960. Un musée est ouvert au public et le point de vue sur les gorges est splendide. On a beau être européens et donc, habitués à l'idée que des hommes ont vécus là où nous nous trouvons plusieurs milliers d'années avant nous, on se sent infiniment petits face à ces gorges où des hommes ont commencé à utiliser des outils il y a 2,5 millions d'années.

83314676a5afb7df6da28fd9899c67142bdd0e541644e32aea04a2a81e2a899b830dd77a

Les limites du parc N'Gorongoro correspondent aux limites géographiques de la caldéra qu'il constitue. Ce parc abritait, lorsqu'on y est allé, il y a trois ans, huit rhinocéros (les rescapés du braconnage) incapables de se reproduire entre eux car déjà tous consanguins. A l'époque, le guide nous avait expliqué que des tentatives pour mélanger ce type de rhino avec le rhino d'Afrique du Sud étaient en cours. J'ignore si les unions ont abouti. Toujours est-il qu'on n'a pas pu approcher les rhino (constamment sous la surveillance des gardiens).

15761_176032527250_7250972_n

On a assisté à une très belle scène de la vie sauvage: une lionne apprenant à son petit à chasser deux phacochères.

15761_175852942250_6652378_n

15761_175852947250_2940132_n

15761_175852957250_3027914_n

Notre hotel était situé à l'est du cratère (contrairement à l'ensemble des autres hébergement autour du cratère). On avait donc droit à de magnifiques couchers de soleil.

15761_175852987250_3546731_n

Jour 8-12:

Le matin du huitième jour, on a quitté le cratère sous une pluie d'orage (la saison sèche se terminant) et on a rejoint Naïrobi où on devait prendre l'avion pour Zanzibar. Une fois arrivés à Stonetown, la capitale, on a eu l'impression d'avoir changer de pays. L'ile est marquée par un brassage culturel important, trace des différents mouvements d'immigration ou de colonisation. L'influence arabe est très perceptible dans l'architecture, la culture musulmane qui domine à Zanzibar est très visible également (les écolières sont voilées dès 5-6 ans). Une importante communauté indienne vit également sur l'ile.

15761_175853007250_2805219_n

Les plages sont paradisiaques. On n'a pas fait grand chose à Zanzibar, à part se reposer après les quelques jours passés en Safari.

Conclusion:

On a beaucoup aimé la partie safari de notre voyage: Les paysages sont vraiement superbes (encore plus beaux que dans le Roi Lion ;) et se trouver à l'endroit où l'homo habilis a vécu est extrémement émouvant. Cette région est donc paradisiaque pour deux raisons: la beauté des lieux et l'origine de l'homme. Concernant la faune, on a vraiment vu beaucoup d'animaux et parfois de très près. Les jumelles et l'appareil photo avec un bon zoom paraissent indispensables.

15761_175852962250_5466706_n

L'option tout confort est très appréciable dans le cadre d'un voyage de noces. On reste un peu sur notre faim quant à la manière dont sont organisés les rapports avec les populations locales: on a vécu la visite du vilage masaï comme un passage obligé touristique. Je ne sais pas quoi vous conseiller par rapport à cela.

On a apprécié les quelques jours de farniente passés Zanzibar, même s'il semble difficile d'échapper à l'esprit club des hôtels. Là encore, on a eu l'impression d'avoir à se conformer à ce que les professionnels du toursime imaginent pour leurs clients (cours d'aquagym dans la piscine, soirée "masaï", déco "coloniale", musique italienne au restaurant). Je conseillerais donc à ceux qui sont intéressés par Zanzibar de privilègier les petits hôtels (moins de 60 chambres).

Malgré ces quelques points d'interrogation, notre voyage reste un excellent souvenir.